L’Institut National pour la Défense des Droits Économiques, Sociaux et Culturels (INDDESC), organisation de promotion et de défense des droits humains, exprime sa vive préoccupation face aux signalements faisant état de produits pétroliers susceptibles d’endommager les véhicules à moteur sur le marché national. Cette situation soulève de sérieuses interrogations quant à l’efficacité des contrôles, à la protection des consommateurs et à la responsabilité des acteurs de la chaîne de distribution.
Cette défaillance présumée survient dans un contexte national particulièrement alarmant. Selon la Banque mondiale, le PIB réel d’Haïti devrait se contracter pour la huitième année consécutive en 2026 (-1,5 %), tandis que l’inflation demeure élevée, à 21,5 %. L’analyse IPC de mars à juin 2026 estime à 5,83 millions le nombre de personnes confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, soit 52 % de la population analysée. L’OIM recensait, en juillet 2026, près de 1,5 million de personnes déplacées internes, victimes des violences armées et de la précarité humanitaire.
À ces urgences s’ajoutent la vie chère, le chômage, l’érosion du pouvoir d’achat, la fragilisation des activités économiques, les déplacements forcés et l’incertitude entourant le processus électoral. Dans un tel environnement, tout dommage matériel injustifié constitue une charge supplémentaire pour des ménages et des professionnels déjà vulnérables. La persistance d’un risque connu, sans réponse publique suffisamment visible, interroge la capacité de l’État à exercer ses missions de régulation, de prévention et de protection.
L’INDDESC rappelle que la protection des consommateurs et la loyauté des transactions économiques exigent des contrôles effectifs, conformément au décret du 11 mars 2020 relatif à la sécurité des biens et services et à la protection des consommateurs.
En conséquence, l’INDDESC exige :
- Une enquête administrative et technique indépendante afin d’établir la qualité des produits concernés, leur conformité aux normes en vigueur et le lien éventuel avec les dommages signalés, avec publication des résultats ;
- Le renforcement immédiat des contrôles aux terminaux, dépôts et stations-service, ainsi que l’identification des responsabilités à chaque maillon de la chaîne de distribution ;
- Des mesures conservatoires proportionnées, pouvant inclure la suspension de la commercialisation, le retrait ou le rappel des produits dont la dangerosité est établie ;
- La mise en place d’un mécanisme accessible de réclamation et d’indemnisation au bénéfice des victimes dont les préjudices auront été dûment établis.
La crise nationale ne saurait justifier l’affaiblissement des obligations de l’État. Face à la faim, à l’insécurité, à la pauvreté et à la dégradation des conditions de vie, la protection du consommateur n’est pas une faveur administrative : c’est une exigence de justice économique, de bonne gouvernance et de respect des droits fondamentaux.
L’INDDESC appelle le MCI à passer des annonces aux actes, dans la transparence, la diligence et le respect de ses obligations légales.
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