Le drame survenu à Kenscoff vient une nouvelle fois rappeler la gravité de la crise sécuritaire que traverse Haïti. Des vies ont été fauchées. Des familles sont endeuillées. Une population déjà fragilisée se retrouve encore confrontée à la peur et à l’incertitude.
L’Institut National pour la Défense des Droits Économiques, Sociaux et Culturels (INDDESC) exprime sa profonde indignation face à cette nouvelle tragédie. Mais au-delà de la compassion et des condamnations habituelles, nous estimons que le moment est venu de poser les vraies questions.
Qui est responsable de la sécurité des citoyens ? Quelles mesures avaient été prises pour protéger Kenscoff ? Pourquoi ces mesures n’ont-elles pas permis d’éviter un tel drame ? Et surtout, quelles dispositions concrètes le gouvernement entend-il prendre pour empêcher que de tels événements se reproduisent ?
La population haïtienne entend depuis trop longtemps des promesses de rétablissement de la sécurité. Elle voit également d’importantes ressources mobilisées au nom de la lutte contre les groupes armés. Pourtant, les massacres, les déplacements forcés et les violences continuent.
L’INDDESC estime donc que le gouvernement doit rendre des comptes à la population. Il ne s’agit pas seulement de communiquer après chaque tragédie. Il faut expliquer les décisions prises, présenter les résultats obtenus et reconnaître les éventuels échecs.
L’État a l’obligation de protéger la vie et les biens des citoyens. Cette responsabilité ne peut pas être transférée indéfiniment aux circonstances, à l’insécurité ou à l’absence de moyens. Lorsque des ressources sont engagées pour assurer la sécurité, la population est en droit de demander des résultats.
Le drame de Kenscoff doit ainsi constituer un signal d’alarme. Le gouvernement doit revoir sa stratégie sécuritaire et prendre des décisions urgentes. Il doit également garantir davantage de transparence sur l’utilisation des ressources consacrées à la sécurité nationale.
L’INDDESC appelle enfin les autorités à placer la protection de la population au cœur de leurs priorités. Les victimes de Kenscoff ne doivent pas devenir un simple chiffre dans un bilan. Leur mémoire impose des réponses, des responsabilités et surtout des actions concrètes.
Le peuple haïtien n’a plus besoin de promesses. Il a besoin de sécurité, de justice et de résultats.
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